19/12/2007

CONTE DE NOEL...

 


La petite fille aux allumettes
Conte d'Andersen


Il faisait effroyablement froid; il neigeait depuis le matin; il faisait déjà sombre; le soir approchait, le soir du dernier jour de l'année. Au milieu des rafales, par ce froid glacial, une pauvre petite fille marchait dans la rue: elle n'avait rien sur la tête, elle était pieds nus. Lorsqu'elle était sortie de chez elle le matin, elle avait eu de vieilles pantoufles beaucoup trop grandes pour elle. Aussi les perdit-elle lorsqu'elle eut à se sauver devant une file de voitures; les voitures passées, elle chercha après ses chaussures; un méchant gamin s'enfuyait emportant en riant l'une des pantoufles; l'autre avait été entièrement écrasée.
Voilà la malheureuse enfant n'ayant plus rien pour abriter ses pauvres petits petons. Dans son vieux tablier, elle portait des allumettes: elle en tenait à la main un paquet. Mais, ce jour, la veille du nouvel an, tout le monde était affairé; par cet affreux temps, personne ne s'arrêtait pour considérer l'air suppliant de la petite qui faisait pitié. La journée finissait, et elle n'avait pas encore vendu un seul paquet d'allumettes. Tremblante de froid et de faim, elle se traînait de rue en rue.
Des flocons de neige couvraient sa longue chevelure blonde. De toutes les fenêtres brillaient des lumières: de presque toutes les maisons sortait une délicieuse odeur, celle de l'oie, qu'on rôtissait pour le festin du soir: c'était la Saint-Sylvestre. Cela, oui, cela lui faisait arrêter ses pas errants.
Enfin, après avoir une dernière fois offert en vain son paquet d'allumettes, l'enfant aperçoit une encoignure entre deux maisons, dont l'une dépassait un peu l'autre. Harassée, elle s'y assied et s'y blottit, tirant à elle ses petits pieds: mais elle grelotte et frissonne encore plus qu'avant et cependant elle n'ose rentrer chez elle. Elle n'y rapporterait pas la plus petite monnaie, et son père la battrait.
L'enfant avait ses petites menottes toutes transies. «Si je prenais une allumette, se dit-elle, une seule pour réchauffer mes doigts? » C'est ce qu'elle fit. Quelle flamme merveilleuse c'était! Il sembla tout à coup à la petite fille qu'elle se trouvait devant un grand poêle en fonte, décoré d'ornements en cuivre. La petite allait étendre ses pieds pour les réchauffer, lorsque la petite flamme s'éteignit brusquement: le poêle disparut, et l'enfant restait là, tenant en main un petit morceau de bois à moitié brûlé.
Elle frotta une seconde allumette: la lueur se projetait sur la muraille qui devint transparente. Derrière, la table était mise: elle était couverte d'une belle nappe blanche, sur laquelle brillait une superbe vaisselle de porcelaine. Au milieu, s'étalait une magnifique oie rôtie, entourée de compote de pommes: et voilà que la bête se met en mouvement et, avec un couteau et une fourchette fixés dans sa poitrine, vient se présenter devant la pauvre petite. Et puis plus rien: la flamme s'éteint.
L'enfant prend une troisième allumette, et elle se voit transportée près d'un arbre de Noël, splendide. Sur ses branches vertes, brillaient mille bougies de couleurs: de tous côtés, pendait une foule de merveilles. La petite étendit la main pour saisir la moins belle: l'allumette s'éteint. L'arbre semble monter vers le ciel et ses bougies deviennent des étoiles: il y en a une qui se détache et qui redescend vers la terre, laissant une trainée de feu.
«Voilà quelqu'un qui va mourir » se dit la petite. Sa vieille grand-mère, le seul être qui l'avait aimée et chérie, et qui était morte il n'y avait pas longtemps, lui avait dit que lorsqu'on voit une étoile qui file, d'un autre côté une âme monte vers le paradis. Elle frotta encore une allumette: une grande clarté se répandit et, devant l'enfant, se tenait la vieille grand-mère.
- Grand-mère, s'écria la petite, grand-mère, emmène-moi. Oh! tu vas me quitter quand l'allumette sera éteinte: tu t'évanouiras comme le poêle si chaud, le superbe rôti d'oie, le splendide arbre de Noël. Reste, je te prie, ou emporte-moi.
Et l'enfant alluma une nouvelle allumette, et puis une autre, et enfin tout le paquet, pour voir la bonne grand-mère le plus longtemps possible. La grand-mère prit la petite dans ses bras et elle la porta bien haut, en un lieu où il n'y avait plus ni de froid, ni de faim, ni de chagrin: c'était devant le trône de Dieu.
Le lendemain matin, cependant, les passants trouvèrent dans l'encoignure le corps de la petite ; ses joues étaient rouges, elle semblait sourire ; elle était morte de froid, pendant la nuit qui avait apporté à tant d'autres des joies et des plaisirs. Elle tenait dans sa petite main, toute raidie, les restes brûlés d'un paquet d'allumettes.
- Quelle sottise ! dit un sans-coeur. Comment a-t-elle pu croire que cela la réchaufferait ? D'autres versèrent des larmes sur l'enfant; c'est qu'ils ne savaient pas toutes les belles choses qu'elle avait vues pendant la nuit du nouvel an, c'est qu'ils ignoraient que, si elle avait bien souffert, elle goûtait maintenant dans les bras de sa grand-mère la plus douce félicité
.

dyn002_original_308_193_gif_2582326_71f1f82d3f9abfb83dd0dd707a410728

00:06 Écrit par Jean-Paul dans Noël | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : conte - andersen - noel |  Facebook |

Commentaires

coucou magnifique conte que je connais aussi, je viens te souhaité un joyeux noël en avance, car vu que je déménage je n'aurais plus le net avant mi janvier,du coup j'en profite vite pour te souhaité une très bonne année en meme temps et plein de belles choses pour l'année 2008
gros bisous nath et à bientot

Écrit par : hirondelle | 19/12/2007

bonsoir cher Jean-Paul Très émouvant conte que j'ai lu étant enfant. Je viens de le relire avec beaucoup d'émotion. Merci pour ces 2 magnifiques postes que tu as fait pour Noël, ils réchauffent le coeur. Belle soirée à toi et douce nuit mon cher Ami. GROS BISOUS

Écrit par : Corinne | 19/12/2007

Bonsoir mon Jean-Paul Qu'il est doux de faire un tour sur ton bel univers ! Je te remercie pour ton gentil message. C'est avec un peu d'avance que je te souhaite une belle et douce nuit avec de jolis rêves. GROS BISOUS mon cher Jean-Paul

Écrit par : Corinne | 20/12/2007

Bon jour Jean Paul Je viens te dire que pour noel tu ne seras pas seul je passerai te voir et ma maman aussi pour te faire un petit coucou j'ai lu ta petite suplique et j'en prends note.
Salut à toi mon grand ami qui m'a laissé de si beaux messages toute l'année.
Un petit ange.
Cédric.

Écrit par : Cédric! | 21/12/2007

coucou j'adore cette histoire j'ai même vu le film étant petite.c'est avec plaisir que je passe chez toi et je te souhaite un très bon week-end.

Écrit par : francesca | 21/12/2007

mon cher Jean-Paul Je viens à mon tour te souhaiter un doux week-end. Je te remercie de ton gentil message qui m'a beaucoup touchée. T'inquiète pas ça va mieux c'était juste une crise de calcaire comme on dit lol !! GROS BISOUS mon cher Ami. Comme le dit petit Ange Cédric tu ne seras pas seul à Noël, moi aussi je viendrais te faire un petit coucou.

Écrit par : Corinne | 22/12/2007

onsoir je l'ai lu quand j'étais un peu plus jeune.
Mais c'est un immense plaisir que je l'ai relu l'histoire .
Merçi pour ton com.
Comment ne pas l'aller mieux quand on a des personnes qui préoccupe de votre santé.
Cela m'a touché et réchauffer le coeur.
Je te souhaite un excellent week-end, gros bisou .
A bientot, amitié Paty

Écrit par : Paty | 22/12/2007

Mon doux Jean-Paul oups ! J'avais oublié de te souhaiter une belle et douce nuit avec tout plein de jolis rêves alors je suis vite revenu. GROS BISOUS mon cher Jean-Paul

Écrit par : CORINNE | 22/12/2007

Les commentaires sont fermés.